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Bilan 2016 de Lauren

Mes albums préférés de 2016



Gojira - Magma

Difficile de passer à côté de la nouvelle galette fraîchement sortie des entrailles de la formation française Gojira. Après des années d'attente et de pronostics sur la teinte qu'ils allaient pouvoir donner à leur futur album, c'est à peu près sans surprise que l'on peut affirmer qu'ils nous reviennent avec un album maîtrisé et une sorte de renouveau. Une prise de maturité qui amène Gojira vers un son plus vrombissant, flirtant presque avec le stoner sur certains titres.

Dévoilé progressivement avec le single Stranded qui en a laissé quelques-uns perplexes, c'est avec la sortie du morceau Silvera (et de son clip ultra bien foutu) qu'on a compris qu'ils n'avaient pas délaissé la qualité. Album lourd, puissant, complexe et en même temps plus «posé» que ce à quoi on avait l'habitude, Gojira a frappé fort.

Ihsahn - Arktis

Deux mots: Celestial Violence.

Ouvrant les portes de son univers à un public plus «n00b» l'empereur propose un disque glacial, envoutant, mais beaucoup plus accessible que ses précédents travaux. Une voix claire qui donne des frissons et des riffs agressifs et puissants. On ne peut qu'applaudir ces savantes combinaisons de chants clairs et de hurlements gutturaux qui s'entremêlent tout au long de l'album.

Artwork impeccable, et design très épuré, Ihsahn se laisse aussi aller vers des sonorités presque power sur certains morceaux. Néanmoins, pas besoin de sortir son épée et son attirail de bataille, ce disque reste malgré tout à l'image de l'empereur: élégant et sophistiqué.

Non vraiment, on ne peut pas qualifier l'album autrement que par les mots Celestial Violence.

 

Steven Wilson - 4 1/2

L'un des maîtres du prog signe un album qui donne suite au fabuleux Hand.Cannot.Erase. Un opus plus court, et qui fait office de transition entre deux albums qui se veulent plus fournis.

Steven Wilson a réussi à s'offrir une carrière solo magnifique, pavée de succès et d'albums extrêmement complexes et poétiques. Accessible tout en étant pointu, le travail de Steven Wilson est un moyen parfait de s'immerger dans le rock progressif et de se laisser porter par la narration. Les albums s'écoutent en entier, car ils racontent une histoire.

Dès la première écoute, difficile de ne pas se laisser aller et de sombrer dans une douce mélancolie.

Au cas où vous l'auriez manqué: nous avons eu la chance de rencontrer Steven pour discuter avec lui de l'album Hand.Cannot.Erase (entre autres). L'entrevue est disponible ici.

Moderat - III

Par où commencer? Moderat, monument de l'électro, que j'ai découvert en bande-son du film Laurence Anyways de Xavier Dolan. Je me souviens de la découverte de ce morceau, A New Error, que j'ai écouté en boucle pendant plusieurs semaines. Non-stop.

Leur dernier bébé, III, est dans la même veine que leurs précédents opus: une voix délicate posée sur des rythmes envoutants dans lesquels on se laisse tomber. L'album s'écoute d'une traite, en s'évadant dans ses propres pensées.

Le bide de l'année

In Flames - Battles

Je ne sais même pas par où commencer...Probablement en disant que j'ai le cœur brisé. In Flames a été ce groupe que j'ai découvert par hasard, il y a de nombreuses années et avec lequel j'ai évolué. Il a été ma porte d'entrée vers le métal suédois et j'ai voué un semi-culte à Anders et ses copains pendant longtemps. J'avais toutefois lâché la barre après A Sense Of Purpose. Par curiosité, j'ai jeté une oreille à Battles. Et puis j'ai jeté l'album à la poubelle. Sans vouloir jouer les rabats-joie, In Flames a perdu sa puissance. Si les riffs sont toujours là, ils sont couverts d'une gélatine pop ultra désagréable, et les vocables d'Anders, autrefois si colériques sont devenus flasques et sans profondeur. In Flames a changé de look, tant sur le plan visuel qu'auditif. Aussi, il ne reste désormais que deux membres «originaux»: Anders et Björn. On se demande pourquoi...

La rétro-découverte de l'année

Korn - Issues (1999) ex-aequo avec NWA - Straight Outta Compton

Un petit séjour dans la poussière de Montebello m'a permis de retrouver des amours de jeunesse. L'album Issues des Américains de Korn a été l'un des piliers de ma descente dans le monde des guitares amplifiées. Et c'est en réécoutant cet album que je me suis rappelé à quel point la fin des années 90 avait été un véritable tournant pour moi, sur le plan musical. T'sais, quand on écrivait «KORN» au marqueur sur notre trousse (en prenant soin de mettre le R à l'envers, bien sûr!)

Quant à NWA, c'était un retour à mon amour du bon vieux hip-hop, celui qui raconte des histoires de gangsters. Là encore, on remercie le Rockfest de m'avoir remise en contact avec Ice Cube. Que j'ai également eu le plaisir de voir sous la pluie, au Festival d'été de Québec!

 

Le concert de l'année

Cult Of Luna - 7 août 2016

Si les concerts de l'année 2016 rentrent dans la catégorie du peut-mieux-faire, le Heavy Montréal, malgré son line-up très faible cette année a néanmoins réussi à faire un petit miracle en programmant Cult Of Luna. En fin de journée, sur la petite scène pendant qu'un autre groupe poche jouait sur la scène principale, ça détend les tripes. Toutefois, c'est lors de la soirée de clôture, à partir de 23h45, dans la discrète salle de l'Astral que Cult Of Luna. L'album surpuissant Somewhere Along The Highway, joué dans son entièreté a donné la parfaite touche finale à cette fin. Et je reste avec l'image de ce gars, au premier rang, à ma droite, en larmes pendant le morceau Finland... c'était magistral, puissant et hypnotique.

Le clip de l'année

Gojira - Low Lands

Bon ok, j'avoue, mon objectivité est ici réduite à néant. En outre, sur le plan purement «visuel» Silvera (d'ailleurs gagnante du titre de vidéo de l'année) est bien plus puissant.
Toutefois, c'est avec Low Lands que j'ai pris une baffe. Les Français nous laissent rentrer dans leur intimité. À un point tel qu'au premier visionnement du clip, j'en étais mal à l'aise. Pour une fois, le groupe est face caméra, de manière très simple, sans instrument. Toutes les émotions (visibles plus particulièrement sur le visage de Joe Duplantier) sont perceptibles et m'ont ramenée à mes propres pensées.
Hommage évident à la mère de Mario et Joe Duplantier, décédée pendant que le groupe préparait son nouvel album, Low Lands me parle sur plusieurs aspects: tout d'abord, le cadre. Filmé dans le sud-ouest de la France, j'y ai reconnu les forêts, les arbres et le ciel de mon coin de pays. Les plages de l'Atlantique, venteuses et loin d'être paradisiaques.
Et puis le sujet, la perte de quelqu'un de cher, à qui on pense presque tous les jours... une combinaison de souvenirs qui viennent remuer les entrailles.
Alors oui, Silvera est un chef d’œuvre. Mais mon coup de cœur se porte définitivement sur Low Lands.

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