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Cult of Luna: un after-party de taille

 

CULT OF LUNA

Photographe:
Lauren Gouilloud

Le Heavy Montréal offrait sa conclusion en cette chaude fin de semaine d'août. Pour beaucoup, le festival n'aura peut-être pas été à la hauteur des éditions précédentes.

Néanmoins, quelques groupes ont eu le mérite de sortir du lot, s'éloignant du schéma «Breaking Benjamin/Disturbed/Killswitch Engage» somme toute très américain.

L'after party de Heavy Montréal n'était pas vraiment festif, si on tient compte du fait que c'est la formation suédoise Cult Of Luna qui s'en chargeait.
Cult Of Luna, monument de la scène post-hardcore européenne rejouait pour le public montréalais l'intégralité de son puissant album: Somewhere Along The Highway. Un album qui, soyons direct, est loin d'être festif et joyeux.

Étrangement organisé à l'Astral, Cult Of Luna saura finalement mettre la petite scène à son avantage. Le show débute à 23:45, ce qui, pour un dimanche, est très tardif. Mais malgré tout, de nombreux fans s'étaient réunis pour pouvoir absorber la musique sombre et pénétrante des suédois.

L'atmosphère proposée par Cult Of Luna a toujours été lourde: l'entrée sur scène se fera dans le silence, sans un mot de la part du groupe, qui prendra place en entamant le début de l'album.
Mais, au bout de quelques instants, le groupe quitte la scène, sans un mot. Et un silence embarrassant s'installe. De longues minutes s'écoulent avant que le manager du groupe prennent le micro et nous indique, en français, que pour des raisons techniques, le show est interrompu.

Il nous faudra attendre encore quelques temps avant que Cult Of Luna revienne sur scène et embarque réellement dans leur performance. Johannes, vociférant, maintiendra cette attitude dédaigneuse et hargneuse qui lui est propre. Somewhere Along the Highway est un album particulier, les morceaux peuvent être difficiles à "comprendre", mais le groupe délivre une telle émotion, et ce, sans dire un mot au public de toute la soirée. L'éclairage stroboscopique crée des contre-jours qui brûlent les yeux mais qui fonctionnent parfaitement avec l'âme du show.
L'ordre des titres de l'album n'est pas respecté et les morceaux vont pêle-mêle. Marching To The Heartbeats s'insère en milieu de performance, créant un break quasi-religieux: «The sun, the light in your eyes trapped me in a cage. When you saw me you saw yourself. We were the ones that march and fell».
Ainsi, il faudra attendre la fin du set pour se faire assommer par Finland pièce lourde avec de longs passages instrumentaux.

Le public est rigide, sans mouvement, comme happé par le spectacle. Les têtes hochent en rythme, les yeux se ferment et la musique est littéralement absorbée par chaque personne présente.

Au premier rang, à côté de moi, un homme est au pied de Johannes, les yeux levés. Pendant Finland, les larmes roulent sur son visage. Et il restera la meilleure représentation de ce que le concert a pu venir remuer en chacun: malgré la violence et la hargne qui se dégage de la musique de Cult of Luna, il y a quelque chose de mystique et de spirituel dans chacune de leur performance. Le genre d'instant qu'il faut vivre pour comprendre.

Et c'est pour moi l'aspect le plus complexe avec Cult Of Luna, il faut plusieurs écoutes, un peu d'insistance et probablement quelques éléments déclencheurs pour «comprendre» la musique et qu'elle ait un sens. Mais une fois que la piqûre est faite, le voyage commence.

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