Accueil > Amnesia Rockfest > Amnesia Rockfest 2016 > Amnesia Rockfest 2016: poussières et Fête nationale

Amnesia Rockfest 2016: poussières et Fête nationale

Ça y est, l'édition 2014... pardon, 2016 de l'Amnesia Rockfest a démarré sous un soleil à brûler un feu de la Saint-Jean. Une journée sous le signe de la Californie, avec NoFx, Blink-182, Korn et Jane's Addiction. 

MAX & IGO CAVALERA

Autant parler tout de suite des choses qui fâchent. Cavalera, nous n'y étions qu'en photo. Pourquoi? Parce que le site du festival est mal fait. Un festival qui se targue — un peu à la marseillaise — d'accueillir 200 000 personnes ne peut pas se contenter de n'avoir qu'une entrée et demie. Attendre un peu moins de deux heures pour rentrer sur le site est juste inconcevable et irrespectueux: et pour les groupes, qui ne peuvent pas avoir leur pleine audience, et pour les festivaliers, qui ratent leurs groupes, et pour les employés de la sécurité, qui ne peuvent pas contrôler sous pression et en moins de 8 secondes les sacs à main et autre sac à dos, pourtant interdits dans les clauses d'entrée... La preuve en est, les festivaliers qui arboraient fièrement leurs coteaux à cran et leurs sachets de poudre — pourtant illégaux au Canada — comme trophées de passage. Stupide et dangereux.

AGAINST ME!

CANNIBAL CORPSE

Quand un groupe multiple de fois interdit de représentation et de publications dans plusieurs pays du monde se produit sur une scène en plein jour, loin des lumières rouges qu'apprécie tant le genre death, on peut se demander le résultat. Malgré le nuage de poussière devant la scène, Cannibal Corpse a dépoussiéré sa discographie. The Time to Kill is Now, A Skull Full of Maggots ou encore Kill or Become ont été joués. Malheureusement, comme à chacune des représentations du groupe, c'est insipide et soporifique, car les tournois de vitesse de tournage de cheveux ont leurs limites. Dommage.

 

 

THE USED

 

CRADLE OF FILTH

Incompréhensible. Alors que Cradle of Filth montait sur scène, The Used, sur la scène principale, entamait un dernier morceau de plus de 6 minutes. C'était la cacophonie: impossible d'entendre les cris stridents de Filth sur Human Inspired to Nightmare. Un problème qui sera récurrent pendant le festival. Car le Monsieur Dani Flith en a médusé plus d'un, contrairement à leur dernier passage à Montréal. Affublé d'un casque à serpents issu sans doute de la mythologie grecque (Méduse), il n'y avait pas une fausse note de toute la partie. Par contre, les Anglais perdent toute crédibilité en pleine journée. Les costumes ont dû être difficiles à porter et les maquillages qui dégoulinent à plus de trente degrés Celcius n'ont pas aidé... On est quand même mieux dans des salles climatisées, non ?

 

NOFX

Trop vieux pour sauter partout, selon eux, l'auto-proclamé «meilleur groupe de la fin de semaine» arrive tout de même avec une énergie folle. Toujours le mot de travers, les idées mal placées, NoFX a donné de l'effet a une scène centrale qui en manquait cruellement. Se moquant gentiment des métaleux — dont un pic contre Korn — on est par contre loin de la prestation exceptionnelle que les Californiens ont pu nous offrir l'an passé au Heavy Montréal. Mais les circonstances y étaient, avec l'anniversaire d'El Hefe. Pas cette fois-ci. Côté musique, le groupe tourne toujours sur les mêmes pistes  — Murder the GouvernementFuck the Kids, Franco Un-American pour ne citer qu'eux — et c'est normal, puisque leur dernier album remonte à ... 2012.

SUM 41

C'est sous un soleil couchant que se reflètent les cheveux blonds peroxydés de Deryck Whibley, chanteur de Sum 41. Rare groupe qui a survécu à la vague rock californien des années 2000 — peut-être parce qu'ils sont Canadiens ? —, il n’a toutefois plus la même aura depuis cet âge d'or. En arrivant après une intro conjuguant Carmina Burana avec Metallica, les Ontariens ont entamé une liste de leurs meilleurs morceaux — The Hell Song, Motivation, Over My Head (Better off Dead) —, toujours soutenus par des intermèdes metalliciens (Master of Puppets). Jusqu'au tubesque In Too Deep, le groupe défile avec des titres un peu moins heavy et accrocheur que sur production platine. Le son, devenu plus punk, a toutefois été apprécié par la fosse. 

TWISTED SISTER

Quelle tristesse que de voir un groupe légendaire finir ainsi ! Twisted Sister, c'est avant tout un groupe de glam rock, oui, connu pour I Wanna Rock et We're Not Gonna Take It. Mais leur influence a été beaucoup plus grande dans l'univers rock large que laisse présager leur réputation auprès de Monsieur et Madame Tout-le-monde. Il fallait le voir pour le croire: la marina était pratiquement déserte pour les deux autres artistes qui ont eu la malchance de jouer en même temps que les New-Yorkais. 

Le public en a eu pour ses frais, puisque c'était le dernier concert du groupe au Canada — «nous ne sommes pas comme Scorpions et Judas Priest. Nous n'allons pas revenir. On se barre d'ici! » tenait à préciser Dee Snyder — mais 45 minutes pour un tel groupe ? Qu'est-ce qu'ils ne comprenaient pas, au Rockfest, quand on leur vend un dernier spectacle à vie ? Et cette fin en queue de poisson ? Alors que The Used pouvait s'amuser sur la grande scène alors que les groupes avaient commencé à jouer, Twisted Sister se fait couper le micro net dès les premières notes de Billy Talent ? Ouf... 

Le spectacle a été mémorable, en tout cas: Dee Snyder, torse nu, a une nouvelle fois démontré à quel point il était né pour la scène. Les quelques rares discours ont été les bienvenus, dont une demande de reprise de We're Not Gonna Take It, doigt levé contre «tous les trous du cul qui se croient supérieurs», en référence aux «pays dans le monde, où des gens comme nous sont empêchés d'avoir du fun. Ça s'est passé en Belgique, en France, des gens sont morts pendant qu'ils écoutaient de la musique.» Ou encore ce moment un peu intimidant pour votre chroniqueur, qui assis dans les gradins, s'est vu observé par des milliers de personnes, qui, à la demande de Dee, poussait les gens à se lever. Gloups.

Le texte a été écrit avant la polémique autour des conditions de passage du groupe

BILLY TALENT

 

DESPISED ICON

Les Montréalais étaient attendus. En promotion pour le prochain album, Beast, Despised Icon a siphonné le public du Rockfest, avec pour résultat un concert sale et bourrin. Une véritable boucherie — et je ne parle pas de la voix de cochon de Steve Marois —, car deux énormes fosses se sont organisées devant la scène, prenant en sandwich une fine lamelle de jambons humains. Présenté par un Mike Ward vêtu d’une perruque glam et félicitant la forme et la musculature de Dee Snyder «pour ses 84 ans», Despised Icon n'a effectivement pas fait dans la dentelle. Ni une, ni deux, on voyait pouvait apercevoir des personnes sortir en sang d'un des circle pits ou des personnes moins habituées à la frénésie du cercle s'en sortir comme s'ils avaient vu le diable. 

Sur scène, c'était un régal: The AftermathRetina ou MVP ont permis d'entretenir ce défouloir total. Sur Bulletproof Scale, le chanteur Alexandre Érian a tout simplement demandé deux walls of death avec les deux fosses. À nouveau, la définition sus-mentionnée de jambon humain a été vérifiée pour les malheureux restés entre les deux. 

KORN

On les avait quittés sur un concert détestable au Heavy Montréal 2015. Allions-nous manger encore de ce mauvais grain, un an après? 

La possibilité de jouer ce qu'ils voulaient a permis à Korn de surprendre agréablement. Les mines réjouies, l'envie d'être là a rendu la patente beaucoup plus digeste. L'accueil plutôt positif au Hellfest du groupe, une semaine plus tôt, a peut-être joué dans la balance. Mais entre un Jonathan Davis, le chanteur, dans une bonne soirée, des prestations impeccables de Brian Welch et James Shaffer, les guitaristes, on a eu du grand et surtout vieux Korn. C'est simple, le titre le plus récent a été Come Undone, de 2005. Aux oubliettes donc les derniers albums médiocres et pop à souhait. 

On a eu donc le droit aux classiques 4 U, Shoots and Ladders, avec la cornemuse, Blind, Twist ou encore Freak on a Leash. Aussi,  le groupe a entonné un début de Metallica. Encore un peu et on aurait pu croire qu'il allait remplacer Blink-182 au pied levé, tant la journée a été parsemée d'hommage aux Four Horsemen

JANE'S ADDICTION

Ce fut le moment le plus malaisant de la fin de semaine. Jane's Addiction a des problèmes avec les femmes. 

Le groupe phare de la scène rock alternative était attendu, c'est vrai. Ils n'étaient pas venus au Québec depuis 1990, pour vous dire. Mais déjà à cette époque, les femmes avaient une respectabilité et des droits égaux. Que deux danseuses en bikini et hauts talons viennent sur scène se trémousser la rondelle, c'est encore acceptable, quoique dégradant — après tout, suffit d'allumer la télé sur une chaine musicale pour se rendre compte de l'«arriérage» social dans lequel nous vivons — , mais quand l'une d'entres elle vient à mimer avec le chanteur un acte sexuel en levrette sur Obvious, mettant en valeur toute la puissance masculine de Perry Farrell, c'est déplorable. 

Et c'est dommage, car le spectacle aurait pu être plaisant. Le jeu de lumière soigné, les danseuses qui allaient faire du trapèze et du drap sur Just Because, l'ambiance légèrement retorse — quoique trop calme entre Korn et Blink-182 — pouvait plaire à une partie du public. Mais de toute évidence, pas votre chroniqueur, qui est allé voir ce qui se passait sur les autres scènes... 

 

TURBONEGRO

 

 

BLINK-182

Après l'intermède d'Alex Martel, le fondateur du festival, et son hypnotique «Hydratez-vous», c'est l'arrivée des Californiens de Blink-182 qui fait mouillé plus d'un dans la fosse. La tête d'affiche 2014 était attendue comme au premier jour, tant la marina était pleine de gaieté.

Mené par leur nouveau chanteur Matt Skiba, le groupe s'étendra principalement sur les titres de leur album éponyme et Take Off Your Pants And Jacket même si on a pu entendre en rappel les classiques All The Small Things, Brohemian Rhapsody et Dammit. Si Matt est plutôt à l'aise, c'est du côté de Travis Barker, le batteur, que le spectacle se faisait. Privé d'une prestation solo dans la journée, en raison du refus de la douane de laisser passé son technicien, il avait effectivement l'énergie pour deux, souvent soulignée par le guitariste Mark Hoppus, qui en avait toujours à redire à la foule. 

 

 

 

Vous aimerez aussi
Bilan 2016 de Lauren
Bilan 2016 d'Arnaud
Amnésia Rockest 2016: comme un air de déjà-vu
Classique Cradle of Filth

Laissez un commentaire